Franck DEBAUGE – Directeur Associé – ACIES Consulting Group

Pour la cinquième année consécutive, l’ANRT vient de publier son étude comparative sur le coût du chercheur dans le monde.
Celle-ci est réalisée en collaboration avec 15 groupes français et internationaux qui investissent 14 Md€ en R&D et emploient près de 74 000 chercheurs dans plus de 30 pays.

Cette étude confirme que le CIR fait de la France un territoire compétitif pour la recherche en contribuant, avec les autres aides, à la réduction du coût des chercheurs de 26 % (25 % en 2014). L’étude fait ressortir une tendance à la convergence mondiale du coût des chercheurs dans les principaux pays analysés, à l’exception notable des États-Unis qui restent le pays le plus cher, misant sur l’attractivité des rémunérations pour attirer les talents sur son territoire.

Dans cette compétition mondiale, la France est l’un des pays européens les plus compétitifs en termes d’emploi des chercheurs, puisque le coût net d’un chercheur est l’un des plus faibles d’Europe. À titre d’exemple, il est inférieur de 16 % à celui de l’Allemagne, et de 12 % à celui du Royaume-Uni.

Sans le CIR, et hors États-Unis, le coût du chercheur français serait le plus élevé du monde.

Coût moyen du chercheur après incitations en 2015

Source : ANRT – Comparaison internationale sur le cours du chercheur comptabilisé par les groupes bénéficiaires du CIR en 2014 – Septembre 2015

Il faut cependant rester vigilant, car l’impact du CIR reste fragile. L’étude 2015 de l’ANRT montre que l’avantage compétitif du CIR s’est érodé de 15 % depuis 5 ans, dû en partie aux « mini-réformes » du CIR sur la période.

Le panel d’entreprises interrogées dans le cadre de cette étude confirme que l’évolution favorable de leurs effectifs de recherche en France est conditionnée par la compétitivité de la France.

En effet, les équipes de recherche au sein même des groupes sont en compétition les unes avec les autres à l’échelle internationale. Les arbitrages entre les différents sites prennent en compte le coût des chercheurs. Le CIR devient alors un élément clé de la décision de localisation des chercheurs dans le monde.